Le 17 décembre 2025, un titre a fait le tour du monde de la finance et du voyage : le célèbre hebdomadaire britannique The Economist a couronné le Portugal comme « meilleure économie de l’année 2025 ». Devant 35 autres États développés, l’ancien « cancre » de la zone euro triomphe, détrônant même l’Espagne, lauréate l’année précédente.
Le gouvernement de Luís Monténégro s’est empressé de saluer une « récompense justifiée des mérites et du travail des Portugais ». Pour les investisseurs et les expatriés, cette nouvelle résonne comme une confirmation que le Portugal est plus que jamais une destination stratégique, stable et crédible.
Mais, comme souvent derrière les gros titres, la réalité est plus nuancée. Cette distinction, aussi flatteuse soit-elle pour l’image du pays, cache des fissures sociales profondes que dénoncent vivement les médias et les citoyens portugais.
Les chiffres du triomphe : stabilité et résilience
Le classement de The Economist est basé sur cinq indicateurs économiques majeurs : le PIB, l’inflation (et son écart par rapport à l’objectif), l’emploi, et la performance boursière.
Le Portugal a excellé grâce à une performance remarquée : il a réussi à combiner une forte croissance du PIB (avec des prévisions à +2,3% pour 2026), une inflation contenue et un marché boursier dynamique. Pour les investisseurs, cette combinaison est synonyme de stabilité et de prévisibilité dans un contexte mondial volatil.
Après la crise de la zone euro (2009-2014) et de lourdes mesures d’austérité imposées par la « troïka » (FMI, BCE, Commission européenne), ce classement marque un signal de maturité économique : le Portugal est passé de « destination tendance » à un marché européen crédible. Cette résilience repose en grande partie sur deux moteurs :
1. Le Tourisme et les Services : Le secteur, qui représentait près de 20% du PIB en 2024, demeure un moteur essentiel de la croissance et de l’emploi.
2. L’Investissement Étranger : Les résidents fortunés, souvent attirés par des régimes fiscaux avantageux et des programmes comme le Golden Visa (qui aurait généré environ 54 milliards d’euros), injectent des capitaux importants, notamment dans l’immobilier.
Le vrai piège : une économie à deux vitesses
Les opportunités et les mises en garde pour les investisseurs

